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Explosions / Reconstruction

 

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Notre siècle

UNE TERRE SECOUEE

    Les images d'explosions, de destructions, de reconstructions se répètent dans le film Nous comme des refrains. Ces explosions, destructions, reconstructions, semblent se confondre avec celles de l’histoire arménienne : la terre arménienne et le peuple arménien ont connu de nombreux chocs, de multiples bouleversements. Pour la terre, la situation géographique est la cause de ses problèmes : un réseau de failles se trouve en sous-sol. La faille nord-anatolienne se rouvre régulièrement et cause de nombreux tremblements de terre. Le dernier date du 7 décembre 1988, il a tué près de 100 000 Arméniens et a notamment détruit la ville de Gumri, anciennement Leninakan, où est né Pelechian.


DES IMAGES TREMBLANTES

    Ces phénomènes qui secouent l’Arménie sont traduits par Pelechian dans sa manière de filmer ou de truquer les images : pratiquement chaque image est soumise à un léger tremblement. Il est une autre région du monde où les tremblements de terre rythment l’Histoire d’un peuple, c'est le Japon ; dans le film « Sans Soleil » (1982), Chris Marker parle des « japonais tremblants » qui vivent dans « l’impermanence des choses ». Cette formule pourrait s’appliquer aux Arméniens. Pour ces derniers, « l’impermanence » concerne le sol en tant que partie de la croûte terrestre, mais aussi en tant que « propriété » d’un peuple, lieu d’habitation. Ce lieu occupé par les Arméniens est « une position stratégique entre l’Europe et l’Asie, au carrefour de voies de commerce et d’invasions ; l’Arménie a été le champ de bataille perpétuel des grands empires d’Orient et d’Occident, l'Arménie a été périodiquement soumise, détruite, partagée, l’équilibre des forces garantissant seul un répit » - Claire Mouradian, L’Arménie, « Que sais-je ? », PUF, 2002, p. 3.


IMAGES - REFRAINS

  En montant sous forme de refrains des explosions et des reconstructions de bâtiments, des images de catastrophes, naturelles ou non, qui ont touché les Arméniens, c’est bien leur répétition, leur caractère cyclique et traumatisant que Pelechian a voulu signifier.

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